Les Tribus Tatanka
Les Tribus Tatanka

Résumé

Les indigènes des Steppes, qui se nomment eux-même Tatanka, sont des tribus nomades et sauvages recluses sur leur territoire. Parfois l'on croise certains marginaux rejetés de leur tribu, qui viennent à la ville et se font piéger par les femmes et l'alcool.

Leurs traditions orales sont empreintes de mysticisme et de superstitions, c'est pourquoi il est difficile de faire la part entre vérité et légendes quant à leur histoires. Ils racontent qu'il ont traversé l'Océan du Midi lors du Grand Hiver pour se réfugier en Nibelwelt alors que leurs terres étaient devenues invivables.

Leurs légendes parlent également d'animaux qui marchent comme des hommes, des esprits de l'ère précédente qui les accompagnent dans l'ombre. Des récits plus sérieux de naturalistes d'Aven parlent de créatures mi-hommes mi-bêtes que l'on peut parfois apercevoir dans les steppes, mais aucune preuve tangible n'a jamais pu être faite sur leur existence.

Les Tatanka sont des farceurs et des comédiens pour certains, des voleurs et des paresseux pour d'autres. Ils ne semblent jamais se soucier du lendemain et prennent avec philosophie les aléas de l'existence.

 

Propagande

La roue tourne en ces temps troublés. Nos ancêtres ont fait le grand voyage pour trouver refuge en ces terres nouvelles, mais ils ne savaient pas qu'ils y trouveraient tant et tant de sources d'amusement.

 Les hommes blancs sont fous, c'est un fait. Ils le sont à tel point qu'ils ne voient pas combien ils font souffrir la terre-mère, mais celle-ci le leur rend bien. Ils continuent pourtant à creuser, à couper, à détruire et reconstruire n'importe comment. Ils nous divertissent beaucoup, avec leurs jouets de métal et leurs belles paroles, et en retour nous les amusons de nos tours et de notre magie.

 Ce soir, nous dansons pour que la joie illumine enfin leurs cœurs lourds, pour qu'ils oublient le temps d'un chant leurs besoins de vitesse. Qu'ils courent autant qu'ils le veulent vers leur perte, mais qu'ils n'oublient pas la pureté de notre rire quand ils passeront à côté de nous. Peut-être certains s'arrêteront, s'essaieront parmi nous et prendront part à la grande fête de la vie.

 

L'Histoire des Tribus Tatanka

Lors des guerres de la Grande Catastrophe, les Etats-Unis développèrent les premiers super-soldats génétiquement modifiés. Ils croisèrent l'ADN humain avec celui de différentes espèces animales afin de rendre leurs soldats plus rapides, plus féroces et plus résistants. Il en découla des créatures mi-hommes mi-bêtes, de différentes catégories en fonction des besoins militaires. 

Les cataclysmes climatiques de la Grande Catastrophe ravagèrent férocement le continent américain. Les super-soldats étaient tout à fait adaptés pour survivre dans ce nouveau terrain d'apocalypse. Coupés du commandement de l'armée, à cause de la disparition de celle-ci, ils furent laissés à eux-mêmes et poursuivirent la mission qui leur était assignée pour pareil cas ; survivre, rester cachés jusqu'à ce que de nouveaux ordres arrivent, et éliminer toute personne qui les mettraient en péril. Ainsi, après les événements de la Grande Catastrophe, les hommes-bêtes disparurent un temps des mémoires et de la surface de la Terre. 

Principal belligérant, les USA subirent de très lourds dommages sur leur sol, et cela associé aux tremblements de terres et multiples tornades fit que la population américaine fut terriblement touchée. Les principaux survivants furent les descendants des peuplades natives du continent, à savoir les indiens. En effet, à l’écart dans leurs réserves, ils ne prirent pas part aux conflits et surent comment s’organiser quand les cataclysmes arrivèrent grâce à leur expérience ancestrale de leur environnement. Le même phénomène était observable en Amérique du Sud.

Certains hommes blancs qui avaient eux aussi survécu se battirent contre les indiens pour conserver une parcelle de territoire, mais ils furent vite vaincus car les natifs avaient une revanche à prendre. Les autres acceptèrent les coutumes des indiens et s’assimilèrent à eux. 

A cause du changement d’axe de rotation de la planète, le climat du continent américain fut radicalement bouleversé. Le nouveau pôle sud se retrouvant en plein sur l’Amérique du Sud, sa population migra donc vers l’Amérique du Nord qui se trouvait sur l’équateur, retrouvant ainsi un climat chaud et humide tel que l’avait été l’Amazonie. Quant aux peuplades locales, elles migrèrent vers le Canada et l’Alaska, plus tempérés. Les indiens reprirent ainsi naturellement leur mode de vie nomade.

Les hommes-bêtes furent forcés de quitter eux aussi leurs abris à cause des changements brutaux de climat. Leurs mouvements croisèrent parfois accidentellement les chemins des hommes, mais ne provoqua aucun conflit ; les hommes-bêtes n’avaient pas de raison d’attaquer s’ils n’étaient pas eux-mêmes agressés, et les hommes avaient trop peur de ces créatures pour les approcher, croyant avoir rencontré des esprits. Les deux espèces cousines se croisèrent ainsi pendant quelques décennies sans interaction.

Sans doute à cause des radiations et de la nouvelle disposition des corps célestes, les shamans indiens acquirent certains pouvoirs magiques. Certains apprirent par exemple à prédire l’avenir, d’autres à communiquer avec les animaux ou encore influencer la météorologie. Les shamans devinrent ainsi très utiles et très importants parmi les tribus. Ils développèrent également des pouvoirs télépathiques, leur permettant de communiquer de façon sommaire entre eux à courte distance, et avec certains animaux.

La nature humaine reste ce qu’elle est, et une fois le calme revenu sur le continent américain les tribus indiennes se mirent assez vite à se battre entre elles, parfois pour du territoire, souvent pour des querelles personnelles et des questions d’honneur. On ne peut pas clairement pas parler de conflit généralisé, mais bien de guerres tribales et locales sans grande incidence sur la démographie.

Aux alentour de 800 PGC apparut un puissant shaman, appelé Aile-de-Corbeau. C’était un ermite qui vivait en marge des tribus et qui le premier était entré en communication télépathique avec une meute d’hommes-bêtes. Il leur apprit que les hommes les vénéraient et qu'ils n'avaient pas à les craindre. En contre-partie ceux-ci, plus sensibles aux variations climatiques que les humains, lui révélèrent qu'un nouveau grand changement allait survenir. Alors Aile-de-Corbeau, accompagné de l'homme-ours Seh’jeunt’Jons, appela ses frères à se rassembler et à se préparer au prochain Souffle Glacé des Dieux.

Quand la glaciation arriva, les Tatanka réunifiés étaient prêts. Leurs terres devenues absolument invivables, ils traversèrent la Grande Marre de l'Est pour arriver en Europe, en partie à pied sur les larges bandes de glaces qui s'étaient formées, en partie à bord d'embarcations légères. Sur leur nouvelle terre d'adoption le climat était également très rude, mais les anciens inuits arrivaient à y vivre dans de bonnes conditions et avaient enseigné leur savoir à leurs frères rouges et leurs cousins esprits-qui-vont-debout. Ceux-ci s’avérèrent d’ailleurs d’un grand secours pour la chasse du peu de gibier restant

Comme à cette époque les peuples humains locaux restaient cloitrés dans leurs forteresses ou ne s'en éloignaient guère, les Tatanka n'eurent que peu de contact avec eux. Les hommes-bêtes s'en méfiaient beaucoup et leur montrèrent l'art de la discrétion pour les éviter. Les Tatanka avaient donc le continent pour eux, mais leurs rangs ne grossirent pas pour autant. Ils avaient été partiellement décimés lors de la traversée, et le climat ne se prêtait pas du tout aux explosions démographiques.

Quand les glaces reculèrent, les autres peuples d'Europe sortirent de leurs forteresses. Se fut un sacré choc culturel. Les prêtres du nouveau culte du Pentagode virent en ces hommes sauvages des démons, car ils avaient survécu à la glace sans suivre les Cinq Préceptes. Quant aux Tatanka, ils trouvaient les hommes blancs peu respectueux de la Mère-Terre à creuser partout et à exploiter le sol jusqu'à le rendre infertile. S'en suivit une chasse aux sorcières et les Tatanka furent repoussés dans les Steppes, une zone inhabitée restée plus froide que le reste du continent à cause de vents incessants qui balaient les terres sans relâche. Cela convenait très bien aux indiens qui étaient parfaitement acclimatés à vivre dans un tel milieu.

 Après la bataille de 1515 la situation se calma, blancs et rouges commencèrent à faire commerce en bordure des Steppes. Les hommes-bêtes s'étaient à nouveau éloignés de leurs cousins rouges et étaient redevenus des fantômes, répondant rarement à l'appel d'un shaman. Mais pour les blancs ils n'étaient rien d'autre qu'une légende primitive.

 

 Actualité

 

A cause des persécutions qu’ils subirent, les Tatanka défendent leur territoire et participent souvent à des razzias le long de leurs frontières. Leur cible principale est bien sûr Reinheim, qui n’est pas assez développé pour prendre des mesures radicales face aux pillards. De toute façon ceux-ci n’attaque en général qu’au plus fort de l’hiver quand leurs réserves sont à sec, et les villages frontaliers ne représentent pas un grand intérêt pour la Main du Pentagode. Au norde, le CURSC est épargné car le climat y est encore plus rude et les Tatanka ne s’approchent guère de ses frontières. De plus, les légendes des indiens racontent que des monstres livides enlèvent leurs enfants la nuit tombée aux abords du pays des Petits-Hommes, et donc ils ne dressent jamais leurs camps à proximité.

Depuis que les échanges commerciaux se sont multipliés avec les tribus, les jeunes chasseurs quittent leur famille pour découvrir le monde des hommes blancs. Ils se retrouvent perdus dans les villes et finissent très souvent à mendier pour se payer de l’alcool. Pourtant, d’autres plus chanceux sont engagés comme lutteurs ou comme hommes de main car leur férocité au corps-à-corps fait des ravages. Certains shamans déchus ont également migré pour exercer leurs talents de devins et font la joie de la bourgeoisie. Il n’est donc pas rare de croisé un Tatanka « assimilé » en pays civilisé. Ceux-ci portent en général des vêtements locaux avec quelques colifichets, plumes tribales, maquillages et franges qui rappellent sans conteste leurs origines. 

 

Hommes-bêtes 

 

Les hommes-bêtes vivent principalement dans les Steppes, en marge des tribus Tatanka. Leurs talents de discrétion font qu’il est très probable que certains individus isolés vivent dans les forêts et les montagnes des autres nations du continent.

 Suivant leur race, les esprits-qui-vont-debout vivent seuls ou en meute. Ils ont depuis longtemps oubliés leurs racines militaires et sont retournés à l’état sauvage. Seul reste encore de leurs origines un respect sans borne de leur hiérarchie et les noms de certains individus qui commencent souvent par un reste déformé de grade et qui fait office de nom de famille ; Seh’jeunt’Jons, Leuit’neunt’Arris, Feu’st’class’Stone, Djeneh’al’Uilson, etc.

Les Tatanka connaissent les espèces suivantes d’homme-bêtes par ordre croissant dans leur hiérarchie : rat, coyote, ours et puma. Les légendes parlent d’hommes-aigles et d’hommes-lézards, mais ceux-ci seraient tellement éloignés des hommes et des mammifères que personne ne sait s’ils existent vraiment ou pas, même parmi les hommes-bêtes communs. Ils auraient peut-être suivi les autres de loin pendant la traversée de la Grande Marre. 

Les hommes-bêtes ont différents degrés de mutation, si bien qu’ils ont parfois l’air presque humain, et parfois sont très difficiles à différencier de l’animal, si ce n’est qu’ils marchent tous sur leurs pattes arrières et ont une taille proche de l’humain. Un individu ne peut pas se transformer, ce ne sont pas des garous, contrairement aux légendes populaires des pays civilisés. Il n’y a pas de métissage entre races, par contre il y a parfois accouplement entre un homme-bête et l’animal correspondant, accentuant encore les traits bestiaux. Les individus plus humains sont en bas de la hiérarchie car ils sont moins puissants physiquement. Leur intelligence est mise au service du clan comme pisteurs, guetteurs, artisans et interprètes. Le degré de mutation n’a une influence dans la hiérarchie qu’au niveau de la race de l’individu ; par exemple, un ours considère tous les coyotes avec le même mépris, et tous les pumas comme des êtres supérieurs.

Les rats et les coyotes vivent en meute. Les ours sont solitaires. Les pumas mâles vivent seuls et les femelles vivent en petits groupe de deux à quatre individus qui s’occupent mutuellement des jeunes. A la pleine lune, les solitaires et les représentants des groupes présents sur un même territoire se réunissent pour décider du partage du territoire, régler les dissensions entre groupes et résoudre des problèmes qui pourraient tous les affecter.